(Africa Diligence) Pays à revenu intermédiaire, le Cameroun a connu en 2013 une croissance de 4,9 %. Les activités agricoles et forestières (24,7% du PIB en 2013) s’appuient à la fois sur les cultures de rente et sur le vivrier. Le secteur des hydrocarbures reste un élément important de l’économie (8,8% du PIB pour l’extraction), tout comme l’impressionnant secteur minier qui fait l’objet de projets. Malgré cette diversification, l’essentiel des exportations (80%) repose sur des produits pas ou peu transformés (pétrole brut, grumes et sciages, cacao, banane, caoutchouc, café, coton). Pour les spécialistes d’Africa Diligence, le Cameroun devrait davantage transformer sur place ses ressources naturelles.

Le secteur primaire aura contribué à 20% du PIB en 2013. Véritable gisement d’emplois, pilier économique du pays avant l’avènement du commerce du pétrole, l’agriculture emploie plus de 61% de la population active. Les principales cultures d’exportation sont le café, le cacao, le coton, le tabac, le palmier à huile, la canne à sucre, le caoutchouc et la banane. Les principales cultures vivrières sont le sorgho, l’igname, l’arachide, le manioc, le maïs, le riz, le mil et la banane plantain. Le Cameroun, pour l’année cacaoyère 2012-2013, a produit 228 941 tonnes qui, au niveau des exportations ont plafonné à 19 678 tonnes pour un montant de 224 milliards de Fcfa. Selon l’agence de presse chinoise Xinhua, l’intention du Cameroun est de transformer 50 000 tonnes de cacao à la fin de la campagne 2013-2014. Ceci représenterait le double de la quantité transformé par le pays, qui tourne à ce jour autour de 25 000 tonnes. Il faut retenir que le Cameroun est le 5e producteur mondial de cacao, la production de la denrée représente 28% de la valeur totale des exportations non pétrolières et 2% du PIB.

La filière coton quant à elle, génère plus de 35 milliards de Fcfa pour une production moyenne de 240 000 tonnes de coton-graine et quelque 125 000 tonnes de coton fibre. Cette filière est gérée par la Sodecoton, qui règne en situation de monopole. Pour les autres filières, le Cameroun a produit 16 142 tonnes de café durant la campagne 2012-2013 et la production nationale de riz était de 139 200 tonnes en 2012. Avec une production inférieure à 250 000 tonnes par an et des exportations se chiffrant à 226 157 tonnes en 2012, le secteur de la banane contribue pour près de 6% au PIB du Cameroun. Les productions de l’huile de palme (265 000 tonnes en 2013) et du caoutchouc (52 477 tonnes en 2012) ont respectivement augmenté de 14% et 22% en fin d’année 2013.

Avec des recettes moyennes annuelles estimées à 41 milliards de Fcfa (82 millions USD) pour une contribution de 6% au PIB, le commerce du bois représente un pan prioritaire de l’économie nationale du Cameroun, classé comme l’exportateur de bois le plus important d’Afrique. Le pays est doté d’un patrimoine évalué à 19,6 millions d’hectares de forêts (soit près de la moitié de son territoire national) parmi lesquelles 12,8 millions sont classifiés pour l’utilisation forestière à long terme pour des forêts de production ou la conservation. En plus des 2,9 millions de mètres cubes prévus pour l’exportation en 2013 contre 2,3 millions actuellement, les pouvoirs publics camerounais font par ailleurs savoir que « 1 500 000 mètres cubes seront vendus sur le marché intérieur du bois », mais excepté le bubinga, le wengue, l’iroko et le tali, principales essences dites précieuses interdites de commercialisation.

Le secteur secondaire est impressionnant et très varié. Il compte pour 31% du PIB. L’industriel (23,2% du PIB) couvre des secteurs variés, dont celui des hydrocarbures, qui est la pierre angulaire de la croissance économique. En effet, la production pétrolière camerounaise a connu une hausse de 24,5% sur les quatre premiers mois de l’année 2014. Soit,8,82 millions de barils de pétrole brut pour des recettes évaluées à 718 milliards de Fcfa. La Société nationale des hydrocarbures (SNH) projette même un doublement de la production pétrolière à 57 millions de barils en 2016.

Les ressources minières camerounaises sont également immenses :

  • les gisements de bauxites (Minim-Martap et Ngaoundal avec 1,1 milliard de tonnes, Fongo Tongo avec 50 millions de tonnes) qui placent le Cameroun deuxième après la Guinée ;
  • les gisements de fer (Mbalam avec 250 millions de tonnes de hautes teneurs et 2 milliards de tonnes de basse teneur, Mamelles de Kribi avec 682 millions de tonnes, Nkout avec 1,5 milliards de tonnes à 30,3% de fer, et d’autres gisements à Ngovayang, Ntem, Bateka, Mayo Binka). Les perspectives sont encore plus prometteuses, à en croire le gouvernement. Le Cameroun est sûr de disposer d’au moins 10 milliards de tonnes de minerai de fer pour ce qui est des réserves connues ;
  • les gisements de diamant de Mobilong bientôt en cours d’exploitation ; le gisement de rutile à Akonolinga et Nanga Eboko évalué à 3 millions de tonnes ;
  • les gisements de Nickel, Cobalt de Lomié qui constituent le plus gros gisement latéritique de Nickel au monde évalués à 200 000 tonnes de cobalt et 600 000 tonnes de nickel ;
  • les indices d’Uranium de Poli, Teubang et Lolodorf ; la cassitérite de Mayo Darle ; l’or des régions de l’Est et du Nord ; les saphirs et pierres précieuses de l’Adamoua, de l’Est, Nord-Ouest et du bassin de Mamfe au Sud-ouest.

Sur le plan énergétique le Cameroun dispose d’un grand potentiel hydroélectrique et gazier. Son potentiel hydroélectrique économiquement exploitable est estimé à environ 20 000 MW, soit plus de 115 milliards de KWh, essentiellement disponible dans le bassin de la Sanaga. L’offre s’est considérablement améliorée, avec l’entrée en service, il y a quelque temps, de la Centrale à gaz de Kribi, d’une capacité de 216 MW. Aujourd’hui, la production de l’électricité dépasse les 1000 MW. À l’horizon 2020, cette production devrait doubler, voire tripler. La SNH a annoncé que la production de gaz naturel au Cameroun a connu une augmentation substantielle grâce aux champs gaziers de Logbaba et Sanaga Sud. Elle s’est établie à 4343,4 millions de pieds cubes sur les quatre premiers mois de l’année 2014, contre 93,4 millions de pieds cubes pour la même période en 2013.

(Knowdys Database, avec Perspectives économiques en Afrique, Banque mondiale, Camerpost, Africatime, Investir au Cameroun et News du Camer)

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