[Africa Diligence] Castel est le numéro 3 mondial du vin et le numéro 1 en France. Il domine comme jamais le juteux marché de la bière en Afrique (ainsi que l’embouteillage de marques comme Coca-Cola) et pousse ses pions dans les pays de l’Est et en Chine. Un tel succès ne peut être possible que grâce à une stratégie bien pensée.

Excès d’alcool et de sucre, multiplication des bouteilles en plastique. Ces fléaux se répandent à grande vitesse en Afrique, pour le plus grand profit de quelques acteurs-clés du marché. Grâce à ses juteuses affaires sur le continent noir, la très discrète famille Castel a pu devenir le numéro un du vin français. Cette réussite repose sur l’obsession du secret, une parfaite maîtrise des réseaux de la « Françafrique » et une fine connaissance de la géographie des paradis fiscaux.

Familial et international » : c’est ainsi que se présente le groupe Castel, propriétaire de la chaîne de cavistes Nicolas et des marques de vin Baron de Lestac, Vieux Papes ou encore Malesan. Internationale, l’entreprise l’est devenue au fil d’acquisitions de grandes maisons de négoce. Familiale, elle l’est restée par la maîtrise de son capital, qui place le clan Castel dans les dix premières fortunes françaises. Le fondateur, M. Pierre Castel, 91 ans, assure toujours la direction du groupe et cultive le goût du secret : très peu d’interviews, et aucune publication financière institutionnelle puisque le groupe n’est pas coté en Bourse. Il a fallu une longue enquête pour reconstituer son organigramme et évaluer ses résultats financiers, autant d’éléments dissimulés aux analystes.

Derrière le géant viticole se cache un autre empire, africain celui-là, dans la bière, les boissons gazeuses et le sucre. Moins médiatique, mais bien plus vaste, et surtout très rentable, implanté sur un continent en pleine croissance, il assure depuis trois décennies la prospérité du groupe Castel.

On peut raconter le parcours de M. Castel à la manière d’une saga aussi édifiante que romanesque. L’histoire d’un père espagnol immigré dans le Bordelais, simple ouvrier agricole, dont les neuf fils et filles, parmi lesquels Pierre, créent en 1949 Castel Frères, une petite entreprise familiale de commerce viticole. Celle d’une irrésistible ascension dans le milieu du vin, avec le succès de cuvées grand public, l’acquisition de vignobles, la prise de contrôle des réseaux de cavistes franchisés Nicolas ou Savour Club et, comme une revanche sur l’aristocratie viticole bordelaise, le rachat de prestigieuses maisons de négoce (Patriarche, Barrière Frères, Barton & Guestier, etc.).

C’est aussi, dès l’origine, une histoire françafricaine, d’abord avec le commerce du vin en Afrique, puis avec l’activité brassicole et, plus récemment, la production de sucre et d’huiles végétales.

La Rédaction (avec Olivier Blamangin)

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