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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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La guerre des multinationales en Afrique

La guerre des multinationales en Afrique

[Africa Diligence]L’Afrique constitue aujourd’hui un terrain où multinationales internationales et multinationales africaines se livrent une véritable bataille en vue de conquérir les marchés à travers le monde. Si les premières dictent encore leur loi jusqu’aujourd’hui, cependant, une nouvelle génération d’hommes d’affaires africains, entend mettre un terme à cette hégémonie occidentale.

 Selon un rapport du cabinet Boston Consulting Group (BCG), publié en 2015, le chiffre d’affaires des multinationales occidentales sur le continent a augmenté entre 2009 et 2013. En revanche, leurs parts de marché ont baissé. La principale raison de ce recul est, selon le BCG, l’émergence de « lions africains » ayant un accès plus facile aux capitaux et une expertise confirmée.

Le trio de tête

L’étude conduite par le Cabinet Boston Consulting souligne que parmi les entreprises africaines qui réussissent à tailler des croupières aux multinationales internationales figurent, en bonne place, l’opérateur de télécommunications sud-africain MTN, le groupe nigérian Dangote Cement et les banques marocaines Attijariwafa Bank et Banque Centrale  populaire.

Après avoir bousculé « les grands »  en Afrique australe, centrale et occidentale, Mobile Telephone Network se déploie allègrement au Moyen Orient. En effet,  ce groupe détient 49% des parts dans le capital du fournisseur iranien d’accès, Iran Net. MTN  a même pris le  risque de réinvestir  la somme de 254,5 millions de dollars pour accompagner l’opérateur iranien.

En ce qui concerne Dangote Cement, l’entreprise mène l’offensive industrielle la plus agressive du moment au Sud du Sahara. En 2015, sa production devait passer à 46 millions de tonnes pour la hisser au sixième rang mondial dans le négoce du ciment, rivalisant ainsi avec le français  Lafarge, le suisse Holcim et l’allemand Heidelberg Cement.

La palme d’or revient à l’Afrique du Sud

Sur l’ensemble du tableau, l’Afrique du Sud arrive en tête  des pays africains ayant le nombre le plus élevé de grandes entreprises reconnues  mondialement dans le classement  2016 du magazine  américain Forbes. Avec 13 entreprises sur 21, ses sociétés opèrent en majorité dans les secteurs de la finance, de l’industrie, des télécommunications et de la grande distribution.

Dans le détail,  la liste de quelques-unes des grandes entreprises africaines, dont le rayonnement   va au-delà de leurs  pays d’origine, pourrait se présenter comme suit :

– Le géant gazier et producteur de pétrole algérien, Sonatrach, spécialisé dans l’exploration, la production, le traitement et la commercialisation des hydrocarbures. Avec un chiffre d’affaires de 58,7 milliards de dollars, la Sonatrach  travaille, notamment, en Europe,  en  Amérique latine et  aux États-Unis.

– Le géant gazier angolais nommé Sonangol,  avec un chiffre d’affaires  de 22,2 milliards de dollars,  est présent en Afrique dans le secteur de la production pétrolière, gère près de 30 filiales et réalise ses objectifs relativement au développement des réseaux ferroviaires, des systèmes de transport, des entreprises de télécommunications et des stations de raffinage situées dans le monde entier.

– Avec un chiffre  de 18,3 milliards de dollars, la Sasol  est une entreprise de produits chimiques et d’énergie globale implantée en Afrique du Sud. Elle est cotée au Johannesburg Stock Exchange et au New-York Stock.

– Le MTN Group est un géant de la téléphonie mobile en Afrique du Sud. Il est présent  dans 16 pays africains et dans certains autres du Moyen-Orient. Avec un chiffre d’affaires  de 17,2 milliards de dollars, MTN Group figure sur la liste des entreprises les plus prospères du continent africain.

– Basée en Afrique du Sud,  Bidvest  pèse 16,5 milliards de dollars  de chiffres d’affaires. Elle est une entreprise spécialisée dans le trading,  les services et la distribution. Elle opère en Afrique, en Asie,  et en Amérique.

–  La société Eskom est l’une des plus importantes en Afrique et au monde en matière de  production d’énergie. Elle répond aux besoins énergétiques du continent à hauteur de 45%. Son chiffre d’affaires est de 13,7 milliards de dollars.

– Shoprite Holdings est une chaine de magasins sud-africains  présente dans 17 pays africains dont  l’Afrique du Sud, la Namibie, la Zambie et l’Ile Maurice. Son  chiffre d’affaires est de 10,14 milliards de dollars.

– L’entreprise sud-africaine, Sanlam, acte dans la planification financière, la gestion des biens et des risques et les activités commerciales. Avec près de 10,12 milliards de dollars de chiffres d’affaires, le groupe est présent en Afrique du Sud, au Botswana, en Namibie, en Zambie, au Kenya, au Malawi, au Rwanda, au Ghana, au Mozambique, et au Royaume- Uni. Il possède également des intérêts commerciaux aux États-Unis, en Australie et en Asie.

L’élite économique s’organise

Certes, le rayonnement des multinationales africaines de droit sud-africain met en évidence la vitalité du tissu économique du pays de Nelson Mandela. Mais, il est à noter  que les milieux d’affaires africains  réfléchissent pour donner une physionomie plus équilibrée à l’industrialisation de l’Afrique. Lancée au Ghana en octobre 2017 par le Nigérian Dan Dangote et plusieurs autres présidents de multinationales africaines, en présence de l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, l’initiative AfroChampions y veille. Son projet phare se résume dans une Charte qui contient un ensemble de bonnes pratiques sur les plans commercial  et d’éthique des affaires qui peuvent inspirer les multinationales africaines dans leurs opérations sur le continent et au-delà.

En 2018, on compte près de 60 grandes multinationales africaines (sociétés ayant leurs sièges en Afrique et opérant dans au moins trois autres pays, en dehors de leurs marchés domestiques) qui réalisent un chiffre d’affaires annuel de plus d’un milliard de dollars et opposent au quotidien une concurrence rude aux multinationales étrangères actives en Afrique et dans le monde.

La Rédaction (avec Jean-Mathias Kouemeko)

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