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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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Le très rentable marché de la bière en Afrique

Le très rentable marché de la bière en Afrique

[Africa Diligence] La bière s’apprête à devenir la boisson la plus consommée, derrière l’eau et le thé. Le processus complexe de fabrication de la bière fait référence au brassage. La production de bière en Afrique est actuellement en pleine croissance, c’est un marché prometteur selon un récent rapport d’étude.

Les premières traces de la boisson fermentée remontent à plusieurs centaines voire plusieurs milliers d’années avant J.-C. dans la région soudanaise du Nil bleu. De fait, la bière artisanale, très nutritive, est souvent entrée dans le régime alimentaire des populations.

Breuvage maison très consommé sur le continent, il est réalisé à partir de la fermentation de graines de millet, manioc, maïs, sorgho, fonio, entre autres. Ses recettes se transmettent de génération en génération par les femmes et, selon les régions, il porte de jolis noms comme Tchapalo, Billi Billi ou Chibuku, précise le site BtoBeer. Lequel détaille les étapes du brassage, l’originalité de ces bières et leur «dimension religieuse et sociale».

Parallèlement à la colonisation, arrivent les premières brasseries

 «Le goût de ces bières – et leur instabilité – ne convient pas aux palais européens. En conséquence, les colons (ont commencé) par importer leurs bières à des coûts élevés avant de créer les premières brasseries locales», précise RFI.

On voit apparaître les premières brasseries modernes en 1664 en Afrique du Sud. Mais c’est au 19e siècle que SAB-Miller, l’un des plus grands groupes de bière (racheté en 2015 par le groupe belgo-brésilien AB Inbev pour 106 milliards de dollars), voit le jour.

Aujourd’hui, le marché africain est contrôlé par ce dernier (plus de 450 millions d’hectolitres produits), par le français Castel (70 millions d’hectolitres), suivis du néerlandais Heineken et du britannique Diageo (EABL, Guiness).

 «Le volume de bière vendu en Afrique devrait croître de 5% par an en moyenne entre 2015 et 2020», indique Ecofin Hebdo. Le site reprend un rapport de la Deutsche Bank, selon qui l’Afrique «représentera 37% du volume mondial de la bière et comptera 42% de la croissance du bénéfice des entreprises brassicoles mondiales d’ici 2025.»

L’Afrique du Sud, le plus gros consommateur

Chaque année, un Africain boit en moyenne 9 litres de bière, contre 44 litres en moyenne dans le monde et 55 en Europe (30 en France, 68 en Angleterre, 74 litres en Belgique, 106 litres en Allemagne).

La consommation en Afrique varie selon les pays: 5 litres par habitant en Éthiopie, 12 litres au Kenya, 36 au Cameroun voire 60 en Angola et en Afrique du Sud.

Ce dernier pays représente le principal marché africain de la bière avec plus de 30 millions d’hectolitres par an. Le Nigeria arrive juste derrière. Puis viennent le Cameroun, la RDC, le Mozambique, la Tanzanie ou le Kenya…

Un secteur porteur

 «Si les bières industrielles produites en Afrique sont surtout des pils et quelques stouts, la production commence à évoluer. Plusieurs gouvernements ont établi des régimes fiscaux spéciaux pour favoriser le développement des cultures, stimuler leurs utilisations dans la production de bière, et ainsi développer l’économie locale», précise BtoBeer.

Conséquences: «Les industriels s’intéressent aux ingrédients des bières traditionnelles et commencent à produire à large échelle des bières classiques à base de sorgho, d’igname ou de manioc qui coûtent moins cher. (…) Les importations d’orge ont ainsi été réduites de 40%.»

Avec un marché estimé aujourd’hui à 13 milliards de dollars, «l’avenir de l’industrie mondiale de la bière se joue désormais en Afrique», précise Ecofin Hebdo. S’il reste dominé par les quatre grands acteurs du secteur, le marché «reste largement ouvert à la concurrence».

La Rédaction (avec Catherine Le Brech)

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1 Commentaire

  1. Noël dit :

    Triste de savoir que l’Afrique est  » dans la sauce » de la bière. Et pourtant, l’essentiel est négligé….

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