[Africa Diligence] Parent pauvre du lobbying africain, le Wax a de nouveau été magnifié par Vlisco, fin novembre 2016, en Côte d’Ivoire. A l’occasion de son 170è anniversaire, le fabricant hollandais de pagnes africains de luxe a permis aux stylistes de mettre en valeur les célèbres tissus imprimés qui attendent d’entrer au patrimoine mondial de l’humanité.

Fin novembre, à Abidjan, six stylistes ont présenté leurs modèles réalisés avec ces bandes de tissus imprimés d’environ 6 mètres de long avec des motifs africains. Reconnaissable par ses motifs exubérants, humoristiques ou populaires, et ses couleurs vibrantes, ce coton, batik indonésien, est imprimé à la cire par des machines à gros cylindres. Fabriqué et produit par la maison hollandaise depuis 1846, Vlisco est la fille adoptive de l’élégance africaine.

Pour la célébration de son 170è anniversaire, la marque avait ressorti les principaux pagnes de son histoire lors d’une exposition dans un hôtel d’Abidjan. « Vlisco, c’est la référence en Afrique de l’Ouest et du Centre. C’est le pagne de luxe, de qualité avec ses 27 étapes de production », a souligné Sekou Sangaré, responsable du trademarking de la marque.

Le Wax ou « tissu africain », est un textile de coton ayant reçu sur les deux faces un cirage lui conférant des propriétés hydrophobes. Les cires utilisées sont colorées et forment des motifs qui varient à l’infini dans une recherche esthétique. Le Wax est né au XVIIe et a été importé d’Afrique par les Néerlandais au milieu du XIXe siècle. « Le tissu Vlisco est perçu comme étant africain, symbolisant l’identité et la fierté africaine. Il respecte et honore la culture et les rituels, tout en s’inspirant du monde entier », assure la marque.

Désormais présenté à travers le monde comme un must de la mode, porté par des hautes personnalités et des stars telles que Rihanna, mais aussi utilisé dans les collections de nombreuses maisons, la jeune garde créative s’en est définitivement emparé. Le Wax sera un des « must have » de l’été 2017 d’après les Galeries Lafayette, Printemps, et d’autres.

Vêtue d’une robe colorée réalisée avec un pagne, Aurélie Etté Askia, analyste crédit de 29 ans qui assistait au défilé, estime que « le pagne permet de mettre en valeur la femme africaine » tout en perpétuant « la tradition ». « Chaque pagne a son histoire. Ça se perd un peu. C’est dommage », dit-elle, soulignant qu’il ne faut pas forcément choisir entre le modèle occidental ou africain. « On peut très bien porter les deux ! ».

Outre Vlisco, le groupe éponyme néerlandais compte aussi les marques Uniwax, Woodin et GTP. Jadis produit de luxe importé des Pays-Bas et utilisant le procédé de la « wax » (cire), le pagne s’est diversifié en plusieurs qualités de tissus et d’impression, devenant très accessible. Car à mesure que des progrès ont été réalisés en matière d’impression et de fabrication, la production et le nombre de motifs ont augmenté et le prix moyen a baissé.

Depuis le début des années 2000, le marché du pagne, sur lequel la Côte d’Ivoire est un pays phare, s’est étendu malgré la percée de concurrents venus d’Asie (Chine, Thaïlande). Pour les clients les moins fortunés, ces produits vendus sur les marchés entre 3 et 10 euros sont plus abordables que les pagnes des grandes marques, qui coûtent entre 18 et 23 euros. Les prix de Vlisco (qui mise sur la qualité et ses motifs), avoisinent quant à eux les 60 euros.

Les lobbyistes de Knowdys, leader du conseil en intelligence économique, due diligence et affaires publiques en Afrique du Centre et de l’Ouest, estiment, pour leur part, que « si le Wax n’entre pas au patrimoine mondial de l’humanité, dans les prochaines années, c’est le célèbre tissu africain qui finira par habiller l’Unesco, avec une élégance inattendue. »

La Rédaction (Avec Culturebox et AFP)

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