[Africa Diligence] Le ministère égyptien du Tourisme veut croire à la reprise de la fréquentation internationale sur son marché. Son administration a mobilisé des moyens inédits de promotion et il espère, avec 10 millions de visiteurs étrangers, retrouver en 2017 un niveau de fréquentation comparable à 2015. Les raisons d’une médaille d’or.

La succession d’attentats (224 victimes dans le crash de Metrojet, attaque d’hôtel à Hurghada, policiers tués à Al-Arich) entre octobre 2015 et janvier 2016 a eu raison de la fréquentation touristique en Egypte. Avec 3,5 millions d’arrivées entre janvier et fin août, les infrastructures dans le pays ont tourné au ralenti et de nombreux marchés, comme la Russie et la Grande-Bretagne, ont totalement déserté le pays. « La faiblesse du trafic vers l’Egypte n’est pas seulement liée à une situation locale. Elle découle de ce qui se passe dans le monde entier : on s’inquiète des questions de sécurité », reconnaît Yehia Rashed, ministre égyptien du Tourisme. « En Egypte, nous estimons avoir bien mené la bataille contre le terrorisme », s’est défendu Yehia Rashed, en marge de sa visite sur le salon IFTM à Paris le 20 septembre.

L’objectif des 10 millions de visiteurs est maintenu

Le pays entend relancer la machine : le ministère du Tourisme fixe un objectif ambitieux à 10 millions de visiteurs internationaux en 2017, contre 6 millions escomptés sur l’année en cours, en 9,3 millions en 2015. « Nous avons lancé un plan d’accompagnement international pour des campagnes publicitaires sur une vingtaine de marchés internationaux. Ce programme mobilise 23 millions de dollars de dépenses », détaille Adla Ragab, conseillère économique au ministère égyptien du Tourisme. Les efforts financiers portent aussi sur l’accompagnement des compagnies aériennes. « Après la chute de l’avion russe de Metrojet, probablement causée par un attentat, tous les instruments de sécurité ont été remis à plat dans nos aéroports dans le cadre d’un projet gouvernemental qui a mobilisé plusieurs millions de dollars », rappelle Adla Ragab.

Les charters qui se posent sur les aéroports de la Mer Rouge reçoivent désormais une prime d’incitation de 2000 dollars dès que leur taux de remplissage atteint 80% au minimum. En Haute-Egypte, la prime qui s’élève à 3000 dollars est déclenchée à partir de 55 % de taux d’occupation. Il n’est pas certain que ces efforts suffisent à relancer les marchés internationaux, en attente d’une hypothétique stabilisation géopolitique dans le pays et chez ses voisins, mais tant d’efforts méritent la médaille de la résilience. Le tourisme représente 12,6 % de l’emploi en Egypte dans les statistiques officielles et 5,7 % du PIB selon l’OCDE. « Hurghada présente un potentiel important, et l’activité pourrait redémarrer très vite », espère Yehia Rashed.

La Rédaction (avec Echos touristiques)

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