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L'Edito de Guy Gweth

Chaque semaine, le président du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Economique (CAVIE) vous entraine dans les arcanes de la géoéconomie et de la géostratégie africaines.

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L’étrange percée de la 4G en Afrique francophone

L’étrange percée de la 4G en Afrique francophone

[Africa Diligence] On n’a quasiment parlé que de 4G au Sénégal au cours des dernières semaines. Et pour cause… Pomme de discorde dans plusieurs pays, le prétendu blocage y afférant doit pourtant être dépassé rapidement. Objectif : aller au plus vite vers une nouvelle génération qui représente de gros intérêts pour les secteurs publics et privés.

La 4G c’est quoi ?

En télécommunications, la 4G est la quatrième génération des standards pour la téléphonie mobile. Succédant à la 2G et la 3G, elle permet le « très haut débit mobile », c’est-à-dire des transmissions de données à des débits théoriques supérieurs à 100 Mbit/s, voire supérieurs à 1 Gbit/s.

La 4G aurait beaucoup d’avantages car « elle permet d’accéder à Internet à partir d’un Smartphone, d’une tablette ou d’un ordinateur portable avec des débits et un confort en général supérieurs à ceux de l’ADSL et qui peuvent se rapprocher de ceux de la fibre optique, le très haut débit fixe ».

La 4G rend possible des téléchargements plus rapides, une navigation Internet plus fluide et avec moins d’attente, de nouveaux services tels que la vidéo haute définition, la vidéo à la demande, la musique en streaming ou des jeux en réseau avec des temps de réponse plus courts qu’aujourd’hui (pour avoir testé personnellement la 4G avec les opérateurs).

Licence 4G : cagnotte de la discorde dans plusieurs pays

En Côte d’ivoire

Le prix de la licence 4G inclut dans un package globale appelé licence globale a été jugé exorbitant par les opérateurs présents sur le sol ivoirien. Ces derniers malgré l’acquisition de ce bijou avouent continuer la négociation pour une diminution du prix de cette offre de licence globale cotée à 100 milliards. Ainsi un article publié sur le site jeuneafrique.com révèle que “Les autorités ivoiriennes ont fixé le coût de la nouvelle licence globale à 100 milliards de F CFA. Avant Maroc Telecom, Orange et MTN, leaders du marché, avaient déboursé mi-décembre 2015 une « première tranche » de 50 milliards de F CFA et de 75 milliards de F CFA respectivement, de façon à pouvoir offrir dès cette année la technologie 4G. Ces opérateurs ont toutefois indiqué leur volonté de poursuivre les négociations avec l’État, pour obtenir une baisse éventuelle du coût de la licence.”

Au Cameroun

Si le coût exorbitant de la licence a découragé certains opérateurs en côte d’ivoire comme l’opérateur marocain Wana, le français Yoomee et l’opérateur vietnamien Viettel il faut signaler que c’est une situation pareille qui s’est produite au Cameroun.

En effet, au Cameroun le marché est comparable à celui de la Côte d’Ivoire par l’importance de sa population. Le coût officiel des licences avait été fixé à 75 milliards de F CFA, mais ce prix a été négocié en bilatéral pour moins de 50 milliards de F CFA par opérateur. Tout ceci montre que le Sénégal n’est pas un cas isolé en ce qui concerne les différents blocages liés à l’attribution de la 4G.

La nécessite d’un benchmark dans toute attribution de licence télécom

Un benchmark consiste à aller voir ou reprendre une pratique généralement. Par ailleurs quand on parle de benchmark il ne s’agit pas simplement de reprendre une pratique mais de reprendre la meilleure pratique afin de bâtir un modèle qui à son tour va inspirer d’autres.

Le modèle marocain

Le modèle marocain est peut-être pertinent mais est loin d’être parfait si on veut s’aligner sur les prix de la licence au Maroc sans prendre en compte les différences majeures entre les deux pays se situant au niveau de la taille de la population, du pouvoir d’achat, du parc commercial et de la taille du marché sans parler de l’ARPU sur lequel je reviendrai. À noter que ce pays a un taux d’équipement mobile (Smartphone) supérieur à 38%, soit + 9 millions de terminaux et est 2,5 fois plus peuplé que le Sénégal et 3,5 fois plus riche (argument d’un des opérateurs qui a été vérifié par le site africacheck au Sénégal).

Le modèle ivoirien

De même que le modèle marocain, le modèle ivoirien est peut comparable à celui du Sénégal pour deux raisons essentiellement : taille de la population et parc commercial (21,8 millions d’abonnés à la téléphonie mobile pour une population de plus +20 millions d’habitants). Et concernant le cas ivoirien contrairement aux informations qui circulent le cout de 100 milliards de Fcfa concerne le versement pour la licence 4G et le versement du montant pour la reconduction de la licence d’exploitation.

ARPU, l’indicateur télécom à l’origine du blocage : la nécessité pour l’état et les opérateurs de s’accorder sur les indicateurs

L’ARPU ou Average Revenue Per User est un indicateur qui mesure le revenu moyen par abonné et par mois. Depuis plus de vingt ans, les opérateurs mobiles et acteurs télécoms ont privilégié l’ARPU comme indicateur stratégique. Il faut cependant faire quelques précisions avec l’avènement de la Data.

Avant internet, avec une carte SIM par utilisateur et seulement deux types de services : la voix et les SMS, cet indicateur avait pleinement du sens. La prolifération des services internet et des forfaits Data ont permis de partitionner ce revenu sous deux formes avec l’ARPU voix et l’ARPU data.

Et il faut y ajouter que quand un utilisateur a plusieurs cartes sim, son arpu est divisé par deux ou trois selon le nombre de cartes sim. Les opérateurs et les acteurs se doivent alors de remettre en question l’approche unique par l’ARPU.

En l’espèce et à l’origine du conflit, le régulateur sénégalais ne semble pas préciser quel arpu est pris en compte comme indicateur “unique”.

Si toutefois l’ARPU reste un indicateur pertinent qui mesure le revenu par client il faut dire que le revenu n’est pas la marge. L’indicateur lié à la marge est l’AMPU (M comme Margin). Dans un secteur des télécoms en pleine croissance, le seul critère revenu ne semble pas suffire car la marge a aussi du sens. Ce qui poussent certains spécialistes à soutenir que « l’ARPU doit être ainsi épaulé par un ensemble d’indicateurs ou KPI pour permettre de mieux appréhender la performance d’un opérateur et les enjeux du marché.

L’ARPU, l’AMPU, le pouvoir d’achat du consommateur, le parc commercial, le taux d’équipements en terminaux compatibles…. et la taille du marché doivent être combinés dans le cadre de la fixation du prix (juste et accepté par les autres parties) dans le cadre de l’attribution de la licence en télécom comme dans toute démarche marketing de fixation de prix sur un marché donné.

L’État, les opérateurs et les organisations professionnelles comme Optic doivent s’asseoir et s’entendre sur les indicateurs à prendre en compte dans cette opération G2B (Govnement to business) de fixation de prix de la licence 4G.

Les principaux belligérants ; État et opérateurs demeurent des partenaires et collaborateurs historiques. Le passage à la 4G est un enjeu capital pour les internautes, les entreprises et est un tournant majeur pour booster définitivement l’économie numérique. Ce qui permettra de renforcer sensiblement la contribution des tics dans la croissance du PIB.

Aboubacar Sadikh Ndiaye
Expert Web 2.0

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