[Africa Diligence] Avec sa situation géographique stratégique en Afrique centrale, le Congo Brazzaville possède de nombreux atouts : d’importantes réserves de pétrole, près de 22 millions d’hectares de forêts naturelles, 10 millions d’hectares de terres arables, un réseau hydrographique développé, un climat favorable à l’agriculture et des ressources minières en cours d’exploitation. Cependant, l’économie repose essentiellement sur les revenus pétroliers, qui représentent 90% des exportations et 85% des revenus.

Le secteur des hydrocarbures est le principal moteur de l’économie, notamment grâce au pétrole (4e producteur africain). Le secteur pétrolier représente 65% du PIB, 75% des recettes de l’Etat et 80% des exportations. La production pétrolière a été de 88 337 906 barils en 2013 (soit 242 022 b/j), enregistrant par là même une baisse de 10% par rapport à la production pétrolière de 2012, qui était de 98 564 332 barils. La récente découverte début août 2013 par la société italienne ENI, de nouveaux gisements (600 millions de barils de brut léger) à Nene Marine I & II, devrait porter la production à moyen-terme. Cette découverte vient renforcer les prévisions de l’agence américaine U.S. Geological Survey, selon lesquelles la région située au large du Congo pourrait encore contenir des réserves potentielles non encore découvertes d’environ 5,8 milliards de barils de brut et de 13,3 milliards de pieds cubes de gaz. Le gouvernement congolais a annoncé en 2014 des prévisions de production pétrolière de 95,3 millions de barils, soit environ 261 263 b/j. Le secteur est caractérisé par la présence de quelques sociétés privées, en particulier Total qui assure près de 60% de la production nationale ; ENI, Maurel & Prom ; Chevron ou encore Murphy. Les ressources pétrolières du Congo sont gérées par la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) qui assure la recherche et l’exploitation de quelques gisements directement, à travers ses filiales, ou en partenariat avec des entreprises.

 Le secteur minier : comme dans les autres pays de la CEMAC, le gouvernement affiche une volonté de diversifier l’économie, notamment dans le secteur minier. Mais il faut aller plus loin. Le pays regorge d’ailleurs de nombreuses ressources peu ou pas exploitées, représentées par les gisements de :

  • Fer : le Congo possède des gisements de minerais de fer parmi les plus grands d’Afrique de l’ouest et d’Afrique centrale. Les projets actuels incluent : Zanaga (6 800 millions de tonnes), Mayoko (2 500 millions de tonnes), Mayoko-Moussondji (767 millions de tonnes) Badondo (cible d’exploration 1,3 à 2,2 milliards tonnes), Avima (690 millions de tonnes), Nabeba (1720 millions de tonnes) ainsi que Youkou, Okanabora et Oyabi, qui sont en cours d’exploration ;
  • Phosphate : les mines de son projet de Hinda, dans le département de Kouilou, possède des ressources qui se chiffrent à 531 millions de tonnes. Une usine de traitement est en projet de construction pour produire annuellement 4 millions de tonnes de phosphate. A court terme, cette production pourrait atteindre les 8 millions de tonnes par an ;
  • Potasse : la mine de Mengo devrait produire 1,2 millions de tonnes par Un terminal d’exportation de potasse est en train de voir le jour près de Pointe-Noire avec un site de stockage de 150 000 tonnes. Le projet Sintoukola renferme des ressources estimées à 150 millions de tonnes ;

Plusieurs ressources minières telles le cuivre (à Boko Songo), le zinc (à Yanga Koubanza dans le département de la Bouenza), les diamants (à Lepandza et à Ngouaka et sur la cible Vourapa, dans le département du Niari), le colbalt, la bauxite (à Divenié), le manganèse (Seka dans la Sangha) et l’or sont encore en cours d’exploration.

 Le secteur agricole est très peu développé et repose essentiellement sur les cultures de subsistance cultures vivrières (arachide, haricot, igname, manioc, banane, maïs, arachide, pomme de terre, etc.). Les principales cultures d’exportation concernent le palmier à huile, la canne à sucre, le café et le cacao. Le Congo ne dispose malheureusement pas, au niveau local, de données sur la production du cacao et est absent du marché international. En cause, une longue période d’hibernation suite à la liquidation de l’Office du café et du cacao au début des années 90. Mais depuis juin 2012, la filière cacao est de nouveau à l’ordre du jour. Le déclic est venu du gouvernement et du groupe OLAM via sa filiale CIB (Congolaise industrielle des bois), qui se sont engagés à relancer la filière et la commercialisation du produit. On s’attend également à un retour de la production industrielle de l’huile de palme grâce à la Société ATAMA plantation, filiale du groupe malaisien Wahsoeng corporation Berhad, dont les perspectives de production sont de 720 000 tonnes par an d’huile de palme et de 120 000 tonnes par an d’huile de palmistes.

Le secteur de la pêche et de l’aquaculture contribue pour 2,75% au PIB. Il représente 23,6% du secteur primaire et occupe 4,2% des ménages en majorité dans le milieu rural. Le potentiel de capture annuelle est estimé à 100 000 tonnes de poissons d’eau douce (actuellement 29 000 tonnes de production annuelle) et 80 000 tonnes de poissons de mer dont 20 000 tonnes de production annuelle. L’aquaculture reste cependant limitée à la pisciculture en étangs de type familial et artisanal malgré des potentialités encore inexploitées.

Le secteur forestier couvre environ 70% du territoire national. Il s’agit du deuxième massif forestier du continent, après la RD Congo. La production potentielle de bois est de 2 millions de m3 par an. Les principales essences forestières sont : limba, okoumé, teck, acajou, sapelli, sipo, bahia, eucalyptus. En 2010, ce secteur a été le deuxième secteur en termes de contribution au PIB (5,6%), aux exportations (10%) et à l’emploi.

Principal conseil : la croissance des années à venir sera soutenue par le démarrage de la production minière et le dynamisme du secteur non pétrolier mais aussi et surtout par une plus grande diversification de l’activité économique dans la perspective de l’après-pétrole.

(Knowdys Database, avec Perspectives économiques et la Banque mondiale)

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